Équipée sauvage en moto sur les routes de France

Équipée sauvage en moto sur les routes de France

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Des bords de Marne, en passant par Lyon, les Pyrénées et la Bretagne, Ben a traversé plus de 3 000km sur les routes départementales pendant vingt jours pour découvrir la France en moto. Il nous raconte la genèse de son voyage et de sa passion devenue obsession.

 

Conduire sa vie 

Depuis plusieurs années, Ben croyait avoir réalisé une partie de ses rêves en travaillant dans le milieu de la musique qu’il considérait comme sa vocation pour la vie. Il en conserve toujours le goût du look et sans doute une certaine dose d’esprit rebelle, mais les événements l’ont fait tout plaquer pour partir à l’aventure et réaliser un rêve d’enfance longtemps enfoui. Un licenciement, vécu comme le déclencheur pour reprendre sa vie en main, acheter le bolide qui lui manquait et prendre un virage à 180 degrés dans sa propre vie. « Si j’avais eu une vie plutôt tranquille, je me serais certainement satisfait de petites balades dominicales. Mais vu que ma passion a été fortement secouée et remise en question, je me suis retrouvé dans une situation d’urgence où la survie était primordiale. Conduire sa moto, c’est aussi conduire sa vie, chercher son chemin, tracer sa route et, tout simplement : avancer. C’était çà dont j’avais besoin, avancer physiquement pour pouvoir avancer mentalement ».

 

La moto pour regarder le monde avec ses yeux d’enfant

Ben n’est pas totalement un novice parce qu’à 17 ans, il avait déjà fait un Marseille-Jura en moto. Premier road trip, premiers souvenirs. « 400km de départementales, les premières sensations du vent, du soleil et de la pluie. La carte scotchée sur le réservoir (les gps n’existaient pas), un sac à dos accroché à l’arrière et en avant la musique. J’avais l’impression de découvrir le monde. Aujourd’hui encore, quand je roule, je regarde les horizons avec des yeux d’enfant ». Jacques Brel disait qu’en grandissant, nous cherchons à reproduire les étonnements de notre enfance. « Je me retrouve totalement dans cette idée. Et je pense que, dans ces roadtrips, je cherche à retrouver ces sensations d’étonnement ».

 

En connection avec les éléments

Avec sa Mash Scrambler 400cc, aux allures de bécane vintage à la Steve McQueen, ce n’est pas la quête de performance ou de manger le maximum de kilomètres qui motivent notre routard infatigable et curieux. Mais découvrir de nouveaux paysages, ressentir le vent et l’air sur la peau, être happé par la sensation de vitesse, la sensation de mouvement, de connection avec les éléments. « La bécane c’est vraiment particulier, il n’y a pas d’habitacle, tu es directement au contact de l’air, de l’eau et surtout à chaque fois que tu démarres, tu as la sensation que le temps se met sur pause et que le vent emporte tes soucis. Je pense qu’il y a au fond une connexion profondément humaine là dedans : ressentir les choses. Finalement, la moto est une sorte de thérapie, elle te soigne car elle amplifie les sensations que ce soit la peur ou le bonheur ».

 

La Marne, les Pyrénées, les Landes et le Morbihan sur son trajet

Le projet de Tour de France est devenue obsession après 2 précédents trips plus courts. Des dizaines de rencontres plus tard, de paysages époustouflants découverts, il reste des lieux et des souvenirs inoubliables. Les plus beaux pour Ben? Les Pyrénées, notamment l’étang de Soulcem parce que l’eau était turquoise, le vent soufflait très fort, il n’y avait personne et il faisait connaissance avec des vaches en liberté. Le chemin de St Jacques de Compostelle, en plein dans les nuages, où il ne voyait pas à dix mètres au milieu des animaux sauvages. Un côté très immersif et presque apocalyptique. Aussi, les départementales de la Marne au coucher du soleil, le Morbihan pour ses paysages dignes de cartes postales, les Landes pour la hauteur des arbres telles des cathédrales et les routes droites d’une longueur interminable. Sans oublier les galères mécaniques au Mont Saint Michel sous une pluie torrentielle, ou l’attaque d’une guêpe à pleine allure logée dans la chemise…

 

Un équilibre entre préparation et improvisation

Un road trip en moto, çà ne se prend pas à légère, çà se prépare. C’est une aventure dans l’inconnu que l’on réalise à deux, avec soi-même et son bolide. C’est comme avec un cheval, il faut une relation de confiance, ne faire qu’un pour être sûr d’avancer. « Il est primordial d’être sûr de sa monture : révision, vidange, tension de la chaîne, pression des pneus… Si tu n’as pas 100% confiance en ta moto, ta conduite ne sera pas sereine et ton esprit sera dans l’inquiétude d’une éventuelle panne. Une monture, ça se soigne. Donc je vous conseille d’avoir une trousse à outils fournie, et anticiper les dangers en permanence, se ménager, écouter sa fatigue, et ne pas oublier les vêtements de pluie, même en été ». Après, laissez votre intuition et vos sensations vous guider au même titre que le GPS.

Après la musique, Ben entend faire partager sa passion, en mettant prochainement en ligne un film retraçant son aventure, et en espérant travailler dans le milieu de la moto. En attendant, vous pouvez le suivre sur son compte Instagram ou commenter son aventure!

Si l’aventure vous passionne, venez partager vos expériences, échanger, donner ou demander des conseils sur notre groupe Expériences Locales.

One Response

  1. C’est hyper inspirant. Y’a pas d’autre mot. Bien joué ! Ca donne clairement envie de se lancer !

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